Soldes d'hiver 2026 : vos équipes en magasin sont‑elles vraiment protégées ?
Chaque hiver, c'est la même histoire : les soldes transforment vos magasins en couloir de métro aux heures de pointe. On parle marketing, chiffres d'affaires, flux clients... mais rarement de Sauveteurs Secouristes du Travail. Pourtant, en période de soldes d'hiver, la prévention des risques devrait être aussi stratégique que les opérations commerciales.
Soldes d'hiver 2026 : le risque discret derrière l'euphorie commerciale
On pourrait croire que les grands pics de risques sont sur les chantiers ou dans l'industrie lourde. C'est oublier un peu vite ce qui se joue dans les galeries marchandes de Lille, Lyon ou Marseille un premier week‑end de soldes.
Affluence massive, files d'attente interminables, promotions agressives, pressions sur les équipes : le cocktail parfait pour que les organismes lâchent. Malaises vagaux, crises d'angoisse, conflits avec des clients surexcités, chutes sur des sols mouillés... Les responsables de magasin, eux, ne se font aucune illusion : tous ont déjà vécu un "incident" un jour de soldes.
La question qui fâche, c'est celle‑ci : quand ça dérape, qui intervient vraiment ? Pas "en théorie", mais à 16h37 un samedi, quand la queue serpente devant les cabines et que tout le monde est déjà au bord de la surchauffe.
Le commerce, parent pauvre du SST en France
Sur le papier, les obligations sont les mêmes : l'employeur doit organiser les secours internes, former des SST, prévoir une organisation claire. Dans la réalité, de nombreuses enseignes abordent le sujet comme un sujet annexe, coincé entre les plannings d'horaires et les inventaires.
Il suffit de discuter avec les managers de proximité pour voir le décalage. On entend souvent : "Oui, on a 2 personnes formées", sans savoir si leurs certificats sont à jour, si elles sont là aux heures de pointe, ni même si le reste de l'équipe sait qui elles sont.
Les données publiques, comme celles de l'Assurance Maladie sur les risques professionnels, montrent pourtant une sinistralité bien réelle dans le commerce : chutes, troubles musculo‑squelettiques, agressions... Le samedi de soldes n'est pas une parenthèse, c'est un amplificateur.
Le pic de janvier : un risque saisonnier qu'il faut assumer
L'hiver, les organismes sont plus fragiles : fatigue accumulée, virus qui traînent, manque de lumière, parfois trajet compliqué jusqu'au travail. Ajoutez à ça le rush de début d'année, et vous obtenez des équipes déjà entamées avant même l'ouverture des portes.
Les soldes d'hiver 2026 ne feront pas exception. Si la météo se montre capricieuse - froid, pluie, chaussées glissantes devant les entrées - vous cumulez :
- risque accru de chutes clients et salariés à l'entrée ou en réserve
- malaises liés à la chaleur en magasin (manteaux, chauffage, foule)
- tensions plus vives en caisse quand tout le monde est épuisé
Dans ce contexte, les risques cardiaques de l'hiver ne sont pas réservés aux bureaux. Un client d'une soixantaine d'années qui patiente 40 minutes en caisse, manteau sur le dos, dans une atmosphère saturée, ce n'est pas un scénario abstrait.
Pourquoi votre organisation SST ne tient pas la route en période de soldes
Quand on audite des dispositifs SST en grande distribution ou dans le commerce spécialisé, les mêmes failles reviennent, inlassablement.
Des SST présents... aux mauvais horaires
Les plannings de Sauveteurs Secouristes du Travail sont souvent pensés pour un magasin "standard", pas pour un magasin en pic de fréquentation :
- un SST en ouverture, puis une longue plage sans renfort
- personnes formées qui travaillent systématiquement en réserve
- aucune couverture renforcée sur les samedis ou les nocturnes
Résultat : c'est précisément quand le risque explose - files d'attente, fatigue, bousculades - que le dispositif interne est le plus fragile.
Des équipes qui ignorent à qui faire appel
Autre grand classique : personne ne sait qui est SST. Le badge ne l'indique pas, l'information n'est pas rappelée en briefing, et l'affichage obligatoire se perd au milieu des promos et des consignes merchandising.
Un jour de rush, le réflexe des équipes est alors simple : appeler un manager. Mais si ce manager n'est pas formé, vous perdez de précieuses minutes, là où un SST entraîné sait immédiatement quoi faire, qui appeler, où trouver le matériel et comment sécuriser la zone.
Un plan SST spécial soldes : ni gadget, ni usine à gaz
La bonne nouvelle, c'est qu'un plan SST adapté aux soldes d'hiver n'a pas besoin d'être complexe. Il doit être réfléchi, pragmatique, assumé comme un vrai sujet de direction.
1. Cartographier les zones et les heures sous tension
Commencez par regarder froidement votre activité :
- Quand les pics d'affluence sont‑ils observés (heures, jours, météo) ?
- Quelles zones concentrent le plus d'incidents ou de tensions (caisse, cabines, entrée, jouets, textile, high‑tech...) ?
- Quels sont les postes les plus exposés pour vos salariés (hôtesse de caisse, sécurité, vendeur en rayon très fréquenté) ?
Cette cartographie donne la base de votre organisation : il est inutile d'avoir trois SST disponibles à 9h30 si tout se joue entre 15h et 19h.
2. Renforcer la couverture SST aux heures de pointe
Ensuite, ajustez vos plannings en conséquence :
- garantir une double présence SST sur les créneaux les plus tendus
- répartir les SST entre caisse, surface de vente et entrée
- prévoir au moins un SST capable de se libérer rapidement (pas coincé à la caisse)
C'est exactement la même logique que pour l'organisation des secours en flex office : ce qui compte, ce n'est pas le nombre théorique de secouristes, mais leur disponibilité réelle.
3. Rappeler les réflexes de base avant le lancement des soldes
La veille ou le matin du premier jour de soldes, prenez 10 minutes en briefing pour :
- rappeler qui sont les SST présents sur le créneau
- indiquer clairement où se trouvent la trousse de secours et, le cas échéant, le DAE
- préciser la procédure d'alerte interne (numéro à appeler, radio, mot‑clé)
- redire que tout malaise ou chute doit être signalé immédiatement
Ce rappel vaut mille affiches oubliées sur un tableau d'informations.
Former vos SST pour les situations réelles de magasin
Un SST de magasin ne gère pas les mêmes scénarios qu'un salarié de bureau. La formation doit donc intégrer ces spécificités, au‑delà du référentiel standard.
Des mises en situation au plus proche du terrain
Concrètement, une formation ou un MAC SST adapté au commerce devrait inclure :
- gestion d'un malaise client en pleine file de caisse
- prise en charge d'une chute dans un escalier d'accès ou sur sol mouillé
- sécurisation d'un rayon après casse de verre ou produits chimiques ménagers
- gestion d'un début d'agression ou d'une crise de panique en magasin bondé
C'est tout le sens d'un audit de vos risques spécifiques avant la formation : on n'enseigne pas le SST de la même manière pour un hypermarché de périphérie et une boutique de centre‑ville à flux tendu.
Un exemple concret : quand un "simple malaise" vous met au pied du mur
Dans une grande enseigne de prêt‑à‑porter, en plein cœur d'une métropole française, un client fait un malaise à la sortie des cabines un samedi de soldes. Sol glissant, foule compacte, musique forte. L'équipe, débordée, met presque deux minutes à réaliser la gravité de la situation.
Personne ne sait qui est SST sur le créneau. On perd encore une minute à chercher "quelqu'un qui a fait la formation". La trousse de secours est dans un bureau fermé. Le centre commercial appelle les pompiers, mais l'arrivée des secours prend plus de dix minutes à cause de la saturation du parking.
Ce type de scène, on le voit trop souvent. Et il ne s'agit pas seulement de conformité ou de juridique : c'est une question de conscience professionnelle. Si vous dirigez un réseau de magasins, vous ne pouvez plus vous contenter d'espérer que "ça se passera bien".
Après les soldes : capitaliser plutôt que tout oublier
Une fois la période terminée, il est tentant de ranger le sujet SST au placard jusqu'aux prochaines soldes. C'est une erreur stratégique.
Profitez de ce moment pour :
- recenser tous les incidents (même mineurs) survenus pendant la période
- analyser les temps de réaction et les difficultés rencontrées
- ajuster vos procédures, votre maillage SST et vos besoins en formation
C'est comme pour la gestion de fin d'année en SST : ceux qui apprennent de chaque pic d'activité construisent, au fil des saisons, une vraie culture de secours interne.
Et maintenant, on fait quoi avant le prochain samedi noir ?
Vous avez deux options. Soit continuer à traiter le SST comme un sujet administratif, en espérant que vos équipes "se débrouilleront" le jour où tout basculera au milieu des portants. Soit décider que vos soldes d'hiver 2026 seront le moment où votre réseau de secouristes devient enfin crédible.
Ce choix, vous pouvez le rendre très concret : en lançant dès maintenant un audit de vos besoins, en planifiant des formations Sauveteur Secouriste du Travail ciblées, et en intégrant vos magasins aux mêmes exigences que vos autres sites. Global SST intervient sur l'ensemble du territoire pour vous aider à structurer ce dispositif, sans attendre le prochain malaise filmé par un client sur son smartphone. À vous de décider si la prochaine vidéo virale montrera l'improvisation... ou une équipe qui sait vraiment quoi faire.