2025, l'année où les entreprises n'ont plus le droit d'improviser le SST

La montée des exigences réglementaires et des contrôles en matière de formation SST laisse peu de place à l'improvisation. En 2025, une entreprise qui bricole encore son dispositif de sauveteur secouriste du travail joue clairement avec le feu, et parfois avec la justice.

Pourquoi 2025 marque un tournant pour le SST en entreprise

Depuis quelques années, le cadre autour du SST s'est durci, non pas par caprice administratif, mais parce que les chiffres sont têtus : environ 50 000 arrêts cardiaques surviennent chaque année en France, majoritairement hors hôpital. Dans une entreprise, chaque minute d'hésitation se paie cher.

Le Code du travail impose déjà à l'employeur d'organiser les secours et de former des salariés à la prise en charge des victimes. Ce qui change depuis 2023‑2025, c'est la manière dont ces obligations sont contrôlées, documentées et tracées. Les inspecteurs du travail, les services de prévention des caisses régionales et les assureurs ne se contentent plus d'un vague « oui, nous avons des secouristes ».

Ils vérifient :

  • le pourcentage de salariés formés SST sur chaque site
  • la validité des certificats (MAC à jour)
  • l'existence d'une analyse des risques spécifique à l'entreprise
  • la cohérence entre les risques identifiés et les scénarios travaillés en formation

Autrement dit, il ne suffit plus d'aligner deux certificats jaunis au fond d'un classeur. Il faut un dispositif structuré, assumé et auditable. C'est précisément là que beaucoup d'entreprises, PME comme grands groupes, commencent à décrocher.

Les erreurs récurrentes qui mettent les entreprises hors‑jeu

1. Confondre « former » et « cocher une case »

On voit encore des directions organiser une formation SST au débotté pour « être tranquilles trois ans ». En pratique, cette logique fonctionne de moins en moins :

  1. Les effectifs bougent, les secouristes partent, changent de poste, passent en télétravail.
  2. Les risques évoluent : nouveaux processus, nouvelles machines, réorganisation des locaux.
  3. Les gestes eux‑mêmes se mettent à jour (RCP, défibrillateur, prise en charge des hémorragies, etc.).

Résultat : trois ans après, l'entreprise se retrouve avec des secouristes fantômes, des compétences périmées et aucun scénario réellement relié au terrain. En cas d'accident grave, cette improvisation peut être sévèrement pointée du doigt.

2. Ignorer les risques spécifiques de l'activité

Une formation SST « générique » n'existe pas. Ou plutôt, si elle existe encore, elle ne sert plus à grand‑chose. Un atelier industriel, une piscine municipale et un open space tertiaire n'ont pas les mêmes scénarios critiques. Ne pas intégrer ces différences dans la formation, c'est passer à côté de l'essentiel.

C'est pour cela qu'un audit des risques en amont est loin d'être un luxe. C'est le cœur du dispositif : cartographier les dangers spécifiques, identifier les situations les plus probables et structurer la pédagogie en conséquence. Sinon, on forme des secouristes théoriques, pas des sauveteurs opérationnels.

3. Oublier la continuité : le MAC SST comme angle mort

Le maintien et l'actualisation des compétences (MAC) SST, d'une durée minimale de 7 heures, n'est pas une suggestion aimable. C'est une obligation. Pourtant, un nombre impressionnant d'entreprises laissent filer les échéances, surtout lorsqu'il n'y a pas de gros incident récent.

La conséquence est simple : des badges SST affichés dans les couloirs, portés par des salariés qui ne sont plus officiellement à jour. En cas de contrôle ou de contentieux, cette négligence devient très difficile à défendre.

La nouvelle donne réglementaire : plus de traçabilité, moins d'excuses

Les textes de référence ne sont pas nouveaux - obligation générale de sécurité de l'employeur, organisation des secours, etc. - mais l'interprétation et la pratique évoluent. Les recommandations de l'INRS et de l'Assurance Maladie - Risques professionnels sont de plus en plus intégrées dans les contrôles et les décisions de justice.

Quelques points à surveiller de près :

  • le nombre minimal de SST par zone de travail et par tranche d'effectif
  • la présence de SST sur chaque plage horaire (y compris équipes de nuit et week‑ends)
  • la cohérence entre le plan d'évacuation, les moyens d'alerte interne et la présence effective de secouristes
  • la traçabilité des formations et des recyclages (attestations, certificats, présence)

La page Accidents du travail de l'Assurance Maladie, ou encore les fiches pratiques de l'INRS, évoluent régulièrement pour rappeler ces exigences et les bonnes pratiques à suivre. Les entreprises qui ne les consultent jamais le paient tôt ou tard.

Construire un dispositif SST robuste : la méthode terrain

Étape 1 - Partir du réel : un audit sans complaisance

Le point de départ d'un dispositif sérieux n'est pas le calendrier de formation, mais l'audit. Un entretien téléphonique abouti, des échanges avec le management de proximité, parfois une visite de site : c'est le moment où l'on met à plat ce que tout le monde préfère ne pas trop regarder en face.

On y passe en revue :

  • les zones à risques (machines, produits chimiques, travail isolé, chantiers, piscines, etc.)
  • les antécédents d'accident, même « bénins »
  • les profils de salariés (intérim, nuit, saisonniers, handicap, nouveaux arrivants)
  • les moyens de secours existants (défibrillateurs, trousses, affichage, procédures)

Ce travail, Global SST le réalise systématiquement, gratuitement, avant toute formation, parce que tout le reste en dépend. Former sans cette étape, c'est comme jouer une pièce sans avoir lu le script.

Étape 2 - Adapter la formation initiale à votre terrain

Une formation SST initiale digne de ce nom, c'est au minimum 14 heures. Mais ce qui compte, ce n'est pas seulement la durée, c'est la manière dont on occupe ces heures.

Concrètement, pour un groupe de 4 à 10 personnes, il est pertinent de :

  1. travailler des scénarios directement inspirés de vos installations ;
  2. faire alterner théorie courte et cas pratiques intensifs ;
  3. multiplier les mises en situation « sous pression » (bruit, stress, contraintes de temps) ;
  4. inclure l'usage réel du matériel de l'entreprise (défibrillateur, brancards, alarmes internes).

Les retours de nos clients - « jeux de rôle », « beaucoup de pratique », « cas pratiques proches de la réalité » - vont tous dans ce sens : ce qui marque les esprits, c'est d'avoir affronté en formation une situation qui ressemble à ce qu'on vivra peut‑être un jour dans l'atelier ou le bureau.

Étape 3 - Installer une culture de révision, pas seulement un MAC administratif

Le MAC SST obligatoire tous les 24 mois n'est pas seulement là pour « tamponner » votre conformité. C'est l'occasion de :

  • revenir sur les incidents ou les presque‑accidents survenus depuis la dernière session ;
  • mettre à jour les gestes en fonction des recommandations de l'INRS ;
  • réancrer des réflexes qui, sans pratique, s'érodent très vite ;
  • retester la coordination entre secouristes, managers et services de secours externes.

Une bonne pratique, adoptée par des entreprises exigeantes : programmer le MAC bien avant la date limite, et non à la dernière minute. Cela évite les trous de compétence et permet d'intégrer sereinement les nouveaux arrivants dans les équipes de sauveteurs.

Cas concret : quand un audit SST évite une catastrophe annoncée

Imaginons un site logistique en périphérie de Lyon. Trois équipes, 24 h/24, un flux tendu, des chariots qui filent à toute allure dans les allées. Sur le papier, tout va bien : deux salariés ont un certificat SST encore valide. Sur le terrain, c'est une autre histoire.

Lors de l'audit, on découvre que :

  • les deux SST travaillent sur la même équipe de jour ;
  • aucun secouriste n'est présent la nuit, alors que l'activité y est soutenue ;
  • un seul défibrillateur pour un site tentaculaire ;
  • aucun exercice de mise en situation n'a été réalisé depuis des années.

Le plan d'action issu de l'audit est brutal mais salutaire : former au moins un SST par équipe et par zone, établir une cartographie visible des sauveteurs, repositionner le défibrillateur, organiser un exercice simulé d'accident grave. Trois mois plus tard, lors d'une chute sérieuse en zone de quai, la réactivité des secouristes et la prise en charge structurée éviteront un drame. Ce n'est pas de la théorie, c'est ce qui se joue tous les jours dans l'ombre des entrepôts, ateliers et bureaux.

France entière, mêmes exigences, réalités très différentes

Global SST intervient sur toute la France, des grandes métropoles aux zones périurbaines. Les textes sont les mêmes, mais la mise en œuvre varie énormément :

  • dans certaines grandes entreprises, le SST est intégré au plan de prévention, au DUERP, aux exercices d'évacuation ;
  • dans beaucoup de PME, il reste un sujet géré dans l'urgence, au gré des convocations ou des contrôles.

Pourtant, le socle reste identique : des formateurs spécialisés par secteur, un cadre QUALIOPI exigeant, des formations menées sur site pour coller aux réalités du terrain. Là‑dessus, il n'y a pas vraiment de raccourci acceptable.

Et maintenant ? Sortir du bricolage et structurer votre SST

Si vous avez le sentiment que votre dispositif est fragile - trop peu de sauveteurs, certificats expirés, aucun audit récent -, c'est probablement qu'il l'est. La bonne nouvelle, c'est qu'on peut corriger le tir sans tout renverser, à condition de s'y mettre sérieusement.

Commencez par une photographie honnête de l'existant, puis planifiez, sur l'année, vos formations initiales et vos MAC, en tenant compte de vos pics d'activité. C'est une question de conformité, bien sûr, mais surtout de responsabilité morale envers vos équipes.

Pour amorcer ce travail sans attendre, le plus simple reste souvent de nous exposer votre situation en direct. Notre équipe analysera vos besoins et vos contraintes, et vous proposera un plan de mise en conformité réaliste. Vous pouvez nous solliciter directement via la page Demander un devis gratuit ou parcourir nos pages Zone d'intervention pour vérifier nos possibilités près de vos sites. Le reste se joue dans la durée, mais il commence par un premier pas concret.

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